
En bref : la réforme des retraites 2026 est marquée par un fait majeur : la suspension de la réforme des retraites de 2023. Concrètement, le relèvement de l’âge légal est gelé, l’âge légal de départ reste bloqué à 62 ans et 9 mois et la durée de cotisation plafonne à 170 trimestres jusqu’en janvier 2028. Cette suspension a été inscrite dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, publiée fin décembre 2025. En parallèle, plusieurs mesures ciblées entrent en vigueur en 2026, notamment pour le calcul de la retraite des mères de famille. Ce dossier restant mouvant, vérifiez toujours votre situation auprès de l’Assurance retraite.
Que change vraiment la réforme des retraites 2026 ?
Le mot d’ordre de l’année est la suspension. Après plusieurs semaines de débats parlementaires, le gouvernement a fait le choix de mettre en pause le calendrier de la réforme de 2023, celle qui prévoyait de porter progressivement l’âge légal à 64 ans. Cette décision a été intégrée à la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, adoptée définitivement en décembre 2025 et validée par le Conseil constitutionnel avant sa publication au Journal officiel le 31 décembre 2025.
Il ne s’agit pas d’une annulation de la réforme de 2023 mais bien d’une mise en pause temporaire. Le relèvement de l’âge de départ et l’accélération de la durée de cotisation sont figés pour une durée déterminée. Aucun relèvement supplémentaire de l’âge légal n’intervient à partir de 2026 et ce jusqu’en janvier 2028, échéance qui correspond à la prochaine élection présidentielle. Autrement dit, les curseurs de 2023 restent en l’état pour les générations concernées durant cette période.
Cette pause concerne le cœur du dispositif de 2023. En revanche, plusieurs ajustements plus techniques, votés dans le même texte, continuent d’entrer en application en 2026. Il faut donc distinguer deux choses : ce qui est suspendu (le calendrier de report de l’âge) et ce qui évolue malgré tout (les règles de calcul pour certains publics).
Âge légal et durée de cotisation : où en est-on en 2026 ?
Avant la suspension, la réforme de 2023 relevait l’âge légal de départ à la retraite d’un trimestre par génération, avec pour objectif d’atteindre 64 ans. La durée d’assurance nécessaire pour le taux plein était elle aussi rehaussée pour arriver à 172 trimestres, soit 43 années de cotisation.
Avec la suspension inscrite dans la loi pour 2026, ces deux paramètres sont gelés. Pour les générations concernées :
- l’âge légal de départ ne dépasse pas 62 ans et 9 mois jusqu’en janvier 2028 ;
- la durée d’assurance requise pour le taux plein reste plafonnée à 170 trimestres, soit 42 années et demie, sur la même période ;
- le report d’un trimestre prévu par la réforme de 2023 est neutralisé pour les générations 1964 à 1968.
Le tableau ci-dessous résume la logique du gel, à titre indicatif. Les paramètres exacts dépendent de votre année de naissance et de votre parcours, aussi ces chiffres doivent être confirmés au cas par cas.
| Paramètre | Trajectoire de la réforme 2023 | Situation avec la suspension 2026 |
|---|---|---|
| Âge légal de départ | Relèvement progressif vers 64 ans | Gelé à 62 ans et 9 mois jusqu’en janvier 2028 |
| Durée de cotisation (taux plein) | Montée vers 172 trimestres | Plafonnée à 170 trimestres jusqu’en janvier 2028 |
| Âge du taux plein automatique | 67 ans | 67 ans (inchangé) |
À noter : l’âge du taux plein automatique, fixé à 67 ans, n’est pas modifié par ces débats. Il permet de partir sans décote même sans le nombre de trimestres requis.
Quelles mesures entrent en vigueur en 2026 ?
Au-delà du gel du calendrier, la loi de financement pour 2026 comporte des mesures qui, elles, s’appliquent. Elles visent surtout à corriger des inégalités de pension, en particulier pour les femmes dont les carrières sont plus souvent morcelées par la maternité ou le temps partiel.
Un calcul du salaire annuel moyen revu pour les mères
La retraite de base du régime général se calcule sur le salaire annuel moyen, établi à partir des 25 meilleures années de revenus. Cette règle pénalise mécaniquement les parcours interrompus, car les années de faible activité tirent la moyenne vers le bas.
Pour compenser cet effet, un dispositif correctif est mis en place :
- pour les mères d’un enfant, le calcul s’effectue sur les 24 meilleures années ;
- pour les mères de deux enfants ou plus, le calcul se resserre sur les 23 meilleures années.
En retirant les années les moins rémunératrices, souvent liées à une reprise d’activité ou à un temps partiel, ce mécanisme peut revaloriser la pension. Le gain réel dépend du profil de carrière de chacune.
La carrière longue élargie
Le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue permet de partir avant l’âge légal lorsqu’on a commencé à travailler jeune, sous condition d’un nombre précis de trimestres réellement cotisés. Jusqu’ici, les trimestres de majoration accordés pour enfant n’entraient pas dans ce décompte, ce qui excluait de fait de nombreuses femmes.
À compter du 1er septembre 2026, deux trimestres de majoration pourront être intégrés dans le calcul des trimestres nécessaires à la carrière longue. Cette évolution peut permettre à certaines assurées d’avancer leur départ.
Une revalorisation des pensions maintenue
Des pistes de gel ou de sous-revalorisation des pensions avaient circulé pendant les débats. Elles n’ont finalement pas été retenues dans le texte définitif. La revalorisation des retraites de base est donc maintenue selon les règles habituelles. Le calendrier de réforme du cumul emploi retraite est pour sa part annoncé pour 2027.
Pourquoi parle-t-on de suspension et non d’abandon ?
Le choix du mot compte. Parler de suspension de la réforme des retraites et non d’abrogation signifie que le cadre de 2023 reste inscrit dans la loi mais que son application est mise en pause. La question de fond, celle du financement du système à long terme, n’est pas tranchée par ce texte.
Le calendrier retenu n’est pas neutre : la pause court jusqu’en janvier 2028, soit après la prochaine élection présidentielle. C’est au législateur qui suivra qu’il reviendra de décider s’il faut reprendre la trajectoire de 2023, la modifier ou l’abandonner. D’ici là, une nouvelle loi devra être votée avant la fin 2027 pour organiser la sortie de cette période de gel.
Cela implique une part d’incertitude. Les paramètres qui s’appliquent aujourd’hui sont ceux d’une période transitoire. Ils sont susceptibles d’évoluer selon les décisions politiques à venir. Sur un sujet aussi mouvant, il est prudent de ne pas figer ses décisions de départ sur la seule base d’annonces et de s’appuyer sur les informations officielles les plus récentes.
Qui est concerné par ces changements ?
Les effets de la réforme des retraites 2026 ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Voici les grands profils concernés :
- Les générations 1964 à 1968 : elles bénéficient directement du gel du report de l’âge légal. Leur âge de départ n’est pas repoussé davantage sur la période de suspension.
- Les personnes proches de la retraite : celles qui envisageaient un départ dans les prochaines années voient leurs paramètres stabilisés, ce qui facilite la planification à court terme.
- Les mères de famille : le calcul du salaire annuel moyen ajusté et l’élargissement de la carrière longue les concernent en priorité.
- Les personnes en carrière longue : l’intégration de trimestres de majoration au 1er septembre 2026 peut modifier leur date de départ possible.
- Les actifs plus jeunes : ils restent dans l’incertitude, la trajectoire de long terme dépendant des décisions prises après 2027.
Parce que chaque carrière est unique, seul un relevé de situation individuel permet de connaître ses droits réels. Les régimes spéciaux, la fonction publique et les indépendants suivent par ailleurs des règles propres qui appellent une vérification dédiée.
Questions fréquentes
L’âge de départ à la retraite change-t-il en 2026 ?
Non, l’âge légal de départ n’augmente pas en 2026. Le relèvement prévu par la réforme de 2023 est suspendu et l’âge reste bloqué à 62 ans et 9 mois jusqu’en janvier 2028 pour les générations concernées. Ces paramètres pouvant évoluer, confirmez votre cas auprès de l’Assurance retraite.
La réforme des retraites de 2023 est-elle annulée ?
Non, elle n’est pas annulée mais suspendue. Le cadre de 2023 reste inscrit dans la loi et son application est mise en pause jusqu’en janvier 2028. Une nouvelle loi devra décider de la suite avant la fin 2027.
Combien de trimestres faut-il pour le taux plein en 2026 ?
Avec la suspension, la durée de cotisation requise pour le taux plein est plafonnée à 170 trimestres, soit 42 années et demie, sur la période de gel. Le nombre exact dépend toutefois de votre année de naissance et de votre parcours.
Où vérifier ma situation personnelle ?
Le plus fiable reste votre compte personnel sur le site de l’Assurance retraite ou le portail officiel d’information retraite. Vous y trouverez votre relevé de carrière et des estimations tenant compte des règles à jour applicables à votre situation.